Francis Couturaud, coordinateur du projet MORPHEUS

3 question à Francis Couturaud, Professeur des universités – praticien hospitalier au CHU de Brest au sein du GETBO.
MORPHEUS

Pouvez-vous nous présenter MORPHEUS en quelques mots ?

Le projet MORPHEUS est un programme international de recherche translationnelle, portant sur le domaine de la maladie veineuse thrombo-embolique (MVTE), retenu et financé par l’appel d’offre européen HORIZON-HLTH-2022-TOOL-11-01. Ce programme est coordonné par le CHU de Brest via l’UMR UBO/INSERM GETBO, avec l’aide du réseau FCRIN INNOVTE. Ce programme implique 8 pays européens. Sur la base d’approches quantitatives et qualitatives, le projet MORPHEUS va combiner pour la première fois des biomarqueurs cliniques, biologiques et morphologiques (médecine de précision) et des marqueurs socio-anthropologiques (médecine personnalisée) dans un outil de prédiction de risque intégré à une processus de décision médicale partagée afin d’aider à la décision thérapeutique (durée et modalités de traitement). L’objectif est ainsi de valider un outil temps-dépendant, multi-niveau intégré à un processus de décision médicale partagée pour optimiser le traitement au long cours de la MVTE non provoquée. Il s’agit d’un projet innovant de rupture aux interfaces entre les disciplines cliniques et scientifiques susceptible d’avoir des implications scientifiques, de santé publique, économiques et sociétales majeures.

Comment avez-vous constitué le consortium de MORPHEUS ?

La première étape a été de rassembler une cellule opérationnelle des leaders français de la MVTE au sein de notre réseau national FCRIN INNOVTE afin de définir les contours et enjeux du projet scientifique et d’établir une première liste des collègues européens que nous souhaitions intégrer dans le consortium. Les critères de choix des collègues européens étaient basés sur leur expertise scientifique et leur complémentarité, mais aussi sur la base de collaborations antérieures de qualité. Il est essentiel de travailler en toute sécurité et confiance sur la durée sur un tel projet.

Quels conseils donneriez-vous à un chercheur qui envisage de coordonner un projet européen ?

Il faut s’y prendre au mieux un an à l’avance pour permettre une maturation du projet. Il est essentiel de contacter dès la conception des personnes ressources spécialisées sur ces appels d’offre européens. L’aide de la plateforme projets européens 2PE Bretagne a été cruciale car la constitution du dossier non seulement scientifique mais aussi l’administratif est d’une rare complexité. Vous pouvez faire appel à des organismes privés pour la rédaction et la présentation stratégique du projet, mais l’essentiel est de suivre une ligne scientifique la plus solide possible.